C’est un sujet dont on peut dire qu’il frôle le tabou en Corse. Et pourtant, sur l’île, à l’abri des oreilles indiscrètes, il est sur toutes les lèvres : le prix du vin corse, en particulier dans les restaurants. « Si je dois prendre une bouteille, dans 9 cas sur 10, je choisis plutôt un vin du continent, lâche Romain, véritable œnophile. Je suis pour le patriotisme économique. Mais quand on voit les prix pratiqués dans certains établissements, on ne peut plus cautionner. Boire du vin corse est en train de devenir un luxe. »
L’exaspération de ce trentenaire est loin d’être isolée. Elle dépasse même la sphère des simples consommateurs.
« Aujourd’hui, nous sommes dans une crise économique majeure, qui ne touche pas que la viticulture, et qui dépasse largement nos frontières, analyse Jean-Baptiste Arena, producteur de vin et président de la chambre d’agriculture de Corse. Pour le producteur de vin, comme pour le restaurateur, et le consommateur, je crois qu’il faut jouer gagnant-gagnant avec une politique de prix adaptée. »
Pour celui qui a pris les rênes de l’institution agricole en février dernier, l’enjeu est désormais de taille. « Il y a un équilibre à trouver entre les vignerons et certa…