La polémique autour d’une aide publique accordée à un projet viticole à Zonza franchit un nouveau cap. Accusé par la FDSEA de Haute-Corse de porter un projet spéculatif, Jean-Marie de Saint Ange contre-attaque et annonce des suites judiciaires.
Le conflit autour du projet viticole porté à Zonza par Jean-Marie de Saint Ange continue de se durcir. Quelques jours après la conférence de presse de la FDSEA de Haute-Corse, qui dénonçait l’attribution par l’Office du développement agricole et rural de la Corse (Odarc) d’une aide à l’installation de 45.000 euros, le jeune agriculteur a répondu dans une longue publication sur Facebook adressée au président du syndicat, Joseph Colombani. La FDSEA estime que cette installation constitue un « cas d’école » d’« agriculture financière et spéculative » et demande à l’Odarc de revenir sur sa décision.
Le syndicat affirme que l’aide bénéficierait à « l’une des plus grosses fortunes de France » et s’interroge sur « le modèle agricole voulu pour la Corse« . L’Odarc, de son côté, maintient que le dossier « répond à l’ensemble des critères validés par les membres du bureau » et rappelle qu’« on ne peut pas préjuger des intentions de la personne qui présente le dossier ».
« Vous choisissez la polémique »
Dans sa publication, Jean-Marie de Saint Ange défend un projet qu’il présente comme le fruit de deux années de travail. « Alors même que le Domaine Saint Ange s’apprête à réaliser sa toute première vente de produits issus de notre exploitation en circuit court, après deux années de travail, de sacrifices, d’investissements et de procédures, vous choisissez d’organiser une manifestation samedi matin devant notre domaine« , écrit-il.
Et d’ajouter : « Pendant que nous remettons des terres familiales en culture, nous nous apprêtons à planter des vignes, développons l’agriculture biologique, protégeons le littoral de l’urbanisation depuis 70 ans et créons de la valeur pour notre territoire, vous choisissez la polémique ». Le viticulteur rappelle également que son projet a été « instruit pendant près de deux ans par l’Odarc, la Chambre d’agriculture, les services de l’État et l’ensemble des organismes compétents« , avant d’être « analysé sous tous ses aspects : agricole, juridique, environnemental et économique ».
Une exploitation familiale au cœur de sa défense
Déjà interrogé par ICI RCFM, Jean-Marie de Saint Ange avait rejeté les accusations de spéculation immobilière, assurant qu’il ne s’agissait « absolument pas d’un projet immobilier déguisé », mais « exactement de l’inverse ».
Il rappelait alors que sa famille « s’est battue depuis trois générations pour préserver ces terres agricoles face à une urbanisation qui s’est progressivement développée tout autour ». Dans son nouveau message, il insiste sur l’histoire familiale du domaine : « Ce sont les terres exploitées par mon grand-père depuis les années 50, alors que vous n’étiez pas encore né, et dont j’ai hérité, que je remets en valeur », poursuivant : « Je suis installé ici et je fonde ma famille dans ce village qui est le mien. Parce que je crois en la communauté de destin, je suis fier de participer au développement de l’agriculture corse« .
Menaces dénoncées et action en justice annoncée
Jean-Marie de Saint Ange affirme que la polémique dépasse désormais le débat agricole. Il indique que sa famille fait l’objet « d’insultes » et d’appels à le « jeter à la mer ». Estimant que cette campagne porte atteinte à son honneur, à sa réputation et à la sécurité de ses proches, il annonce que « toutes les voies de droit utiles seront mises en œuvre afin que les responsabilités soient établies et que les préjudices subis soient réparés ». Il conclut en maintenant son invitation adressée à Joseph Colombani : « Je vous attends, Monsieur Colombani. Les faits, eux, ne manifestent jamais. Ils s’imposent« .
Dans un post-scriptum particulièrement offensif, il ajoute que « le seul qui a été condamné pour détournement d’aides agricoles, c’est vous, pas moi ».